Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
  le blog la-haut

Le Goléon – 31 mars.

3 Avril 2012, 07:38am

Publié par yvon

Echec.


Après le tour des Aiguilles d’Arves la semaine dernière, j’avais envie d’une nouvelle boucle dans ce secteur. Comme je suis sur La Grave pour le weekend, mon tour partira de La Cime. Après avoir bien étudié la carte, mon choix se porte sur le tour des 3 Evêchés.

L’enneigement n’est pas des meilleurs qu’il soit. Je rejoins Valfroide en basket avant de les planquer sous un rocher. L’accès au lac est à peine mieux enneigé aussi je décide de poursuivre à pied.
Arrivé au lac on aperçoit bien la suite de l’itinéraire. J’ai une première hésitation. Pourquoi aller au col du Goléon alors que le pas homonyme est juste à l’aplomb du lac ? Je n’ai jamais fait ce passage mais la montée me parait évidente.
La traversée du lac en skating ne prend que quelques minutes pour être à pied d’œuvre. Un joli couloir descend du pas. Il semble un peu plus raide que prévu mais paraît en bonne neige. Je chausse les crampons et me voilà parti.


31-le-goleon 3776

Demi-tour sous le Pas du Goléon.


La neige est dure mais pour l’instant la pente reste modérée. L’itinéraire est assez logique. Le couloir forme un ‘’S’’ très ouvert. Plus haut la pente prend quelques degrés et je rencontre quelques passages verglacés. Je regrette de ne pas avoir pris mon piolet. Je rejoins une échine rocheuse mais la qualité du rocher me dissuade rapidement à poursuivre ma route par là. En retournant dans la neige je fais partir un bloc qui dévale dans la pente. Je suis un instant des yeux ça trajectoire. Il rebondit entre rive droite et rive gauche -un peu à l’image d’une boule de flipper-  avant de disparaitre de mon champ de vision.
Je poursuis mon chemin en direction du sommet mais je commence à me demander si c’est bien prudent. L’image du rocher dévalant la pente m’obsède un peu et le doute s’empare de moi. Au détour d’un relief j’aperçois l’arête sommitale. Elle semble être à porté de main mais l’envie n’y est plus. Je trouve plein de bonnes excuses pour faire demi-tour. Pas certain que ce soit le meilleur choix mais à cet instant ma décision est prise.


31-le-goleon-3754.jpg
Je cherche un endroit pour chausser mes skis. Pas évident dans cette pente. L’opération est délicate. Poser le sac, décrocher les skis, essayer (ou pas) de les planter. Oter un crampon, chausser un ski et recommencer la manœuvre pour l’autre pied et enfin ranger les crampons.
Ouf j’ai enfin mes lattes aux pieds. Je jette un œil sur les fixations. Les ergots sont correctement logés dans l’insert des chaussures. Y’a plus qu’à…
Le départ est un peu tendu. Après quelques mètres en dérapage il va bien falloir songer à tourner. Comme souvent dans ces conditions c’est le premier pas qui compte et après le premier virage je me décontracte un peu. J’ai un peu l’impression de skier sur de la tôle ondulée et chaque virage se fait dans un vacarme hallucinant. J’ai l’impression que le bruit se propage dans tout le vallon.
Plus bas la pente s’ouvre et peux enfin faire de grandes courbes qui me ramènent au fond du vallon. Fin du premier acte.
Après ces péripéties matinales je songe rentrer directement à La Cime. Je jette tout de même un œil à ma montre. Il est à peine 9 heures. Il me reste encore du temps pour un sommet. Ce sera le Goléon. Là au moins je ne devrais pas rencontrer trop de difficultés. Quoi que…
Les deux petits couloirs qui débouchent près du sommet ne sont pas très bien enneigés. De toute façon il faut finir à pied. Je charge tout de même les skis sur le sac pour remonter l'arête sommitale.
Après une petite halte je vais donner un coup d’œil sur le couloir qui descend dans le Petit Verdillon. Il est correctement enneigé et l’idée d’une descente au soleil me réjouit.

 

31-le-goleon 3769

Couloir du Petit Verdillon.

 

Je chausse les skis au sommet puis après une petite séance passé à slalomer entre les pénitents je retrouve les grandes pentes de neige transfo qui me ramènent au lac.


31-le-goleon 3779

 

En rusant un peu dans le canyon du Maurian on peut rejoindre Valfroide skis aux pieds.
La Cime n’est plus très loin.

Commenter cet article

Annick et JJ 05/04/2012 14:02


C'est Volo qui dit dans son tout premier bouquin de topos (les 89), (enfin de mémoire...), : "Quand on va seul en montagne les sentiments sont décuplés que ce soit de plaisir ou de stress
parfois". Tout comme toi pour avoir pratiqué et encore à l'occasion pratiquer la montagne en solitaire, on ne peut qu'être d'accord avec cette façon de penser. Quand au demi tour stratégique, un
autre disait: "Il vaut mieux regretter une course que l'on n'a pas faite qu'une course que l'on a faite"

Dany 03/04/2012 11:17


"L'échec n'entache pas la sincérité de la tentative" (Paul Auster)


et


"Excès de confiance, l'échec sera ta doléance" (Sébastien Fauvel)


et


"Quelquefois l'échec est nécessaire à l'artiste. Cela lui rappelle que l'échec n'est pas un désastre définitif. Et cela le libère de la tapageuse contrainte du perfectionnisme." (John
Berger) 


Les photos sont magnifiques, félicitations à ton photographe. 


Bisous